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Pipe-line sous la Manche Le plan Overlord comporte plusieurs innovations modernes dont les
plus importantest sont les ports artificiels (Mulberries) et le pipe-line trans-Manche.
Une fois les troupes débarquées, il va falloir ravitailler cette énorme quantité de
véhicules en carburant. Les 4 armées alliées qui s'élanceront vers l'Allemagne
consommeront chaque jour 4'500'000 litres de carburant.
La solution d'un ravitaillement "traditionnel" par bateau puis par
camion-citerne ou par wagon-citerne est beaucoup trop lente et trop complexe à gérer.
L'Etat-Major allié décide donc d'immerger plusieurs pipe-lines depuis l'île de Wight
vers les plages normandes pour répondre à la demande des armées en campagne.
Néanmoins, en attendant que le front se consolide et que les pipe-lines puissent être
posés, le carburant est acheminé en Normandie par des bateaux-citernes dont on vide le
contenu dans des réservoirs situés à Utah et Omaha Beach. De leur côté, les
Britanniques reçoivent encore leur carburant en fûts.
Durant le mois de juin, des remorqueurs participent aux essais préliminaires de pose des
tubes entre la côte sud de l'île de Wight et Cherbourg et Port-en-Bessin.
Il est prévu que 10 pipe-lines soient fonctionnels au Jour J + 75, débitant 2'500 tonnes
d'essence aux troupes de la tête de pont normande. Pour cela, on utilise 2 types de
tubes, soit le "Hais" de calibres 7,62 mm ayant un débit de 250 tonnes par jour
et le "Abestos" d'un calibre de 13 mm pouvant débiter 370 tonnes par jour.
Le premier pipe-line qui est du type "Hais" est mis en service le 12 août à
Cherbourg. Un second entre en service le 21 août. Le 28 août, ce sont 4 pipe-lines qui
sont en service et on pose les tubes de type "Abestos" à un rythme de 50 km par
jours !
Un important contingent de techniciens et de gardes s'occupent de ces artères vitales des
armées alliées qui acheminent dès octobre 4'500 tonnes d'essence par jour au centre de
distribution de Paris. Ceci, sans compter toutes les ponctions qui sont opérées par les
stations situées entre Cherbourg et Paris.
Enfin, début novembre, avec la pose de nouvelles lignes entre Dungeness et Boulogne, le
débit atteint 5'500 tonnes de carburant par jour.
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